Historique

20 Mai 1445:

Le village de Waldighoffen fut réduit en cendres par 1.200 Bâlois. Durant des siècles, maison et granges brûlaient comme des torches et les habitants assistaient impuissants, faute de moyens.

1825:

Une ancienne pompe à bras, utilise en commun par Grentzingen, Oberdorf, Steinsoultz et Waldighoffen et datant du début du 19e siècle, fut vendue. Notre commune en acquit donc une nouvelle pour elle seule.

7 octobre 1846:

Le préfet du Haut-Rhin émet une circulaire établissant les gardes de nuit dans les communes, Antoine GROSGUTH, aubergiste fut le premier veilleur de nuit à Waldighoffen.

18 mai 1884:

La commune acheta une pompe à incendie d’occasion des Fonderies Paravicini de Lucelle. Cette pompe refoulante devait être remplie d’eau à l’aide de seaux et actionnée par 6 à 8 hommes solides.

1er Décembre 1888:

Le maire SCHMITT-STOLTZ arrête une réglementation sur la conduite à tenir en cas de sinistre. Chaque habitant valide de 17 à 45 ans devait se rendre immédiatement sur les lieux et participer activement  à l’extinction. L’organisation des secours incombait au maire ou à son représentant ceint d’une écharpe noire-blanche-rouge. Avant la création d’un corps de sapeurs-pompiers, tous les hommes valides étaient donc appelés à combattre les sinistres toujours très graves. Rares étaient les dépendances qui purent être sauvées, en raison des contenus d’une part, des éléments de construction et des moyens d’extinction utilisés, d’autre part. Malgré la solidarité de la population, des entreprises et des communes qui se mobilisèrent et se prêtèrent les pompes hydrauliques restèrent très limitées. L’absence d’un réseau d’eau et l’éloignement de points d’eau dans certains quartiers, pesèrent lourd dans les graves incendies de l’époque à Waldighoffen. Un service organisé disposant de matériel adéquat s’avéra nécessaire.

1938:

Une première tentative fut entreprise par Alphonse DOUBS en février 1938. En relation avec le capitaine BRUNNER, responsable de l’arrondissement d’Altkirch, il essaya de créer un corps de sapeurs-pompiers jusqu’en septembre, mais pour diverses raisons, la municipalité était contre.

1939:

Les choses évoluèrent et sur une lettre du sous-préfet en juillet 1939, le Conseil Municipal accepta le principe de la création d’un corps, mais il préféra repousser l’application jusqu’à la mise en place du réseau d’eau potable.

1941:

Cependant les évènements aidant, une nouvelle tentative fut la bonne. Un enfant du pays, Charles ENDERLIN, restaurateur ‘’A l’Ancienne Gare’’, fonda le 24 août 1941 avec une quinzaine de volontaires, le ‘’Feuerwehrkorps’’. Il sut tirer enseignement de son passage dans le corps de sapeurs-pompiers de Huningue  où il servit du 1er décembre 1928 au 1er mars 1936 et mettre sur pied une équipe solide. Cette ‘’affectation spéciale’’ permit à plus d’un membre de la ‘’Feuerwehr’’ de bénéficier d’un sursit d’incorporation lorsque fut décrétée l’introduction du service militaire  obligatoire en alsace en août 1942.

Pour parfaire leur instruction, MM. Charles ENDERLIN, Joseph GRIENENBERGER, Victor RENTZ, et Ernest WALLISER suivirent un stage de formation à Schwetzingen. La formation fut dotée de son premier engin motorisé en 1943 en se voyant attribuer une motopompe de 48 m3 de marque ‘’Magirus’’. Pour le transport du matériel il fallait attendre 1947 et grâce à la camionnette de M.E.WALLISER que nos sapeurs purent se rendre sur les lieux du sinistre.

En 1946, le département créa le Service Départemental d’Incendie et de Secours et en 1947 notre commune accepta de devenir ‘’Centre de secours’’. Le corps fut doté d’un ‘’Ford’’, fourgon d’incendie normalisé pour le transport du personnel et du matériel. En 1949 arriva une motopompe de 60m3 de marque ‘’Guinard’’ et moteur ‘’402’’. Les sinistres étaient nombreux et la vaillante équipe était souvent appelée dans les communes voisines pour combattre des incendies.

L’essentiel du matériel était là, mais de loin pas aussi sophistiqué que de nos jours. Les besoins aussi étaient là, mais faute de crédit nos sapeurs durent se contenter de ce qu’ils avaient, quitte à parfois ‘’rouler’’ jusqu’à la dernière goutte d’essence…

Il arrive cependant que le destin frappe très cruellement. Le 13 février 1957, le corps perdit son sous-chef en la personne de Joseph GRIENENBERGER, âgé de 47 ans. L’année d’après, le 20 avril 1958, le sapeur Léon RENTZ fils, tomba en service commandé, terrassé par une crise cardiaque. Les malheurs n’étaient pas terminés pour notre section, puisque le 25 mars 1959, elle fut décapitée en perdant son chef Charles ENDERLIN.

L’intérim fut assuré par le sous-lieutenant Joseph BORER jusqu’au 6 février 1960. En effet le jovial ‘’JO’’ aimé de tout le monde avait effectué un stage d’Officier à l’Ecole Départementale, créée par le Colonel LUDMANN à Bourtzwiller et était revenu avec un brevet de sous-lieutenant. Mais conduire un centre de secours n’est pas une affaire facile, il était donc nécessaire d’avoir un encadrement de deux officiers au minimum. Le maire de l’époque en était conscient et c’est ainsi qu’il a recruté parmi la population un ‘’homme de poigne’’ Joseph SCHMITT (ancien Sous-Officier durant son service militaire légal) pour mener à bien la mission de conduire le centre. M.SCHMITT ayant suivi le même stage que son prédécesseur, fut nommé, par arrêté préfectoral du 6 février 1960, sous-lieutenant chef de corps, puis un peu lus tard, Lieutenant, commandant du centre de secours de Waldighoffen. Les communes rattachées au centre en premier appel sont : Bendorf, Durmenach, Feldbach, Ferrette, Grentzingen, Koestlach, Muespach, Muespach-le-Haut, Oberdorf, Riespach, Roppentzwiller, Steinsoultz, Vieux-Ferrette, Werentzhouse et Willer, ainsi que 23 autres communes en 2e appel.

Les temps évoluent, les risques aussi. Pour mémoire nous citerons : 2 feux importants en 1960, 5 feux importants plus d’autres petites interventions en 1970. Le recrutement est permanent, les hommes et le matériel doivent être constamment perfectionnés. C’est ainsi que le sapeur Etienne GRIENENBERGER, suivant les traces de son père effectua des stages de formation et de perfectionnement à l’Ecole Départementale. Il complétera l’équipe dirigeante du Corps et aura pour objectif sa modernisation ainsi que celle du matériel. La commune, sensible à cette nécessité, participa ä l’achat du matériel alors que le S.D.I. , sous l’impulsion du capitaine MEYER d’Altkirch, renouvela le parc des engins. Notre Centre de Secours se vit attribuer en 1972 un nouveau fourgon d’incendie (F.I.), un transporteur d’eau    ‘’fourgon-pompe-tonne’’ (F.P.T.) et une remorque à poudre pour feux hydrocarbures.

Le sous-lieutenant GRIENENBERGER suit les cours d’initiation à la Prévention contre l’Incendie et le sapeur Gérard SCHUR le stage de formation. L’encadrement aurait été à nouveau complet si le destin cruel n’en avait pas à nouveau décidé autrement. Le sous-lieutenant BORER décéda subitement le 25 février 1977, ce qui fut une grande perte pour le corps et ses camarades. Pour se venger contre ce sort cruel, la solidarité liait les hommes de plus en plus sur la voie de la modernisation. Cela devenait une nécessité puisque, sur une dizaine d’interventions en 1970, le centre de secours était passé à une cinquantaine en 1980. Si les feux se sont diversifiés, il est à noter que beaucoup d’autres opérations se sont ajoutées ainsi que l’augmentation des accidents de la route. Un Véhicule de Secours Routiers (V.S.R) et d’interventions sur feux spéciaux fut entièrement équipé et réalisé par l’Amicale des Sapeurs-Pompiers. L’objectif était donc pratiquement atteint quand le Lieutenant SCHMITT céda le 29 octobre 1978, après 19 années de service, le flambeau à son successeur, le lieutenant E.GRIENENBERGER entouré d’hommes de valeur dont nous ne citerons que les principaux sous-officiers Alphonse EGLIN, Joseph HASS, Marcel GESSER, Werner KAUFFMANN, Joseph EGGENSPIELER…

L’équipe se compose alors d’une trentaine d’hommes, de matériel et d’engins constamment entretenus ou renouvelés. Plus que jamais leurs objectifs étaient : la formation, le perfectionnement, la modernisation pour être prêts à toutes situations : incendies, accidents-désincarcération, sauvetages divers, etc.

Les années 80 seront bien le renouveau du Centre de Secours de Waldighoffen. Bien épaulé par les Dirigeants locaux et départementaux, le centre de secours est doté de divers matériels : groupe électrogène, aspirateur de fumée, générateur de mousse, motopompe, tuyaux, véhicule de liaison tout terrain mais surtout d’importants matériels radio : ER, mobiles, portatifs, récepteurs BIP individuels – et cela pour accueillir en 1985 le VSAB : Véhicule de Secours et Assistance aux Blessés. Nos équipes, composées de 4 sapeurs formés en secouristes et pour certains avec spécialité réanimation et secours routiers- interviennent sur 30 communes du Haut-Sundgau pour des missions très diverses. Nous passons très rapidement de 50 à 200 interventions annuelles. Conscients qu’une telle charge demande dans la durée, des moyens importants en personnel, nous avons fait appel à la collaboration de certains éléments de C.P.I. voisins dont Riespach et Oberdorf étaient les premiers à répondre à notre appel. Nous avons alors une compagnie de 40 hommes et femmes bien formés et équipés de bons matériels, prête à défendre les 16 communes de notre secteur et représentant près de 10.000 habitants.

Il est à souligner que les sapeurs-pompiers ont eux-mêmes aménagé et agencé les locaux du centre de secours que sont les anciens bâtiments EDF acquis par la commune. De plus, les bâtiments communaux abritaient 3 logements avec 3 familles de sapeurs-pompiers au-dessus des garages. Malheureusement les temps changent !

Les années 90 ne seront pas aussi fastes pour le centre de secours que les années 80, la conjoncture étant une des premières raisons. En effet des fermetures d’usines et les départs hors frontières de certains travailleurs sapeurs-pompiers, privent les centres de secours d’une partie des personnels pouvant intervenir de jour.

Heureusement la jeune génération est à nouveau plus disponible que la précédente, et il y aura lieu de favoriser au maximum les vocations qui s’y dégagent. En ce qui nous concerne nos responsables des jeunes et des activités sportives s’y attachent beaucoup. N’oublions pas que le cross, l’athlétisme sont très présents dans l’arrondissement. Mais cela ne suffit pas pour tenir à niveau un centre qui doit assurer une intervention tous les deux jours voire tous les jours.

Certes notre commune s’est dotée en 1990 d’un nouveau FPT Renault en remplacement du véhicule datant de 72, et le SDIS nous a équipé d’un nouveau VSR (Secours Routier), mais il reste un gros effort à faire pour disposer davantage de personnels disponibles de jour. La collectivité doit faire cet effort. N’oublions pas qu’il y a 10 ans nous avions 2 employés communaux sapeurs-pompiers sur notre village de 1.000 habitants alors qu’aujourd’hui il n’y a plus aucun employé sapeurs-pompiers sur 8 communes. Cela pourrait être un des premiers objectifs de la nouvelle collectivité qui a pris en charge le Service Incendie Secours.

Le 25 juin 2006 le Commandant Etienne Grienenberger transmet avec beaucoup d'émotion au Lieutenant Philippe Klocker le commandement du CIS Ill et Gersbach.

En janvier 2008 une nouvelle page se tourne dans l'histoire du CS, devant la vétusté des locaux actuels, le conseiller général Francis Demuth posait la première pierre. 1,8 M€ et 22 mois plus tard, le 5 décembre 2009 les équipements et les personnels sont officiellement transférés dans la nouvelle caserne de Waldighoffen, le 12 décembre l'ensemble des invités inaugure le bâtiment qui comporte deux niveaux en construction traditionnelle au premier: corps administratif une salle de cours, les bureaux du chef de centre secrétariat et cadres, deux chambres pour les équipes de garde et enfin le foyer pour une surface de 254 m2. Au rez-de-chaussée la zone technique avec la remise des véhicules, atelier, magasin, vestiaires, salle d'alerte et une salle de crise sur 654 m2.

LE DISTRICT ILL et  GERSBACH

C’est en 1994 que devient effective la décision de 8 communes de créer un district qui aura pour conséquence la dissolution de 8 corps et la création d’un seul CORPS : LE CORPS DISTRICT ILL et GERSBACH CENTRE DE SECOURS. Il se compose des villages de DURMENACH, GRENTZINGEN, MUESPACH, MUESPACH-LE-HAUT, ROPPENTZWILLER, STEINSOULTZ, WERENTHOUSE et WALDIGHOFFEN rejoints en 1995 pour RUEDERBACH. Cette dernière commune restant cependant couverte par le centre de secours secondé par ses officiers et 7 chefs de section. Néanmoins, afin de rester avec un maximum d’efficacité, chaque section garde son autonomie sur le plan opérationnel pour garder et utiliser les compétences locales sur le terrain.

Cela vaut aussi pour le centre de secours qui assure en 1996 les quelques 250 interventions par an avec une section de 45 gradés et sapeurs sachant que 30 d’entre eux sont issus de Waldighoffen. L’équipement est celui d’un entre de secours normal : 1 porteur d’eau FPT, un fourgon d’incendie datant de 1972 et devant être remplacé, moto-pompes et accessoires, 1 remorque à poudre, 1 Vltt de Commandement, 1 véhicule de Secours Routier, 1 VSAB. En 1995 les incendies ne représentaient plus que 6% des interventions alors que les secours à victimes (y compris les accidents de circulation) représentaient 62% et les opérations diverses 32%.

L’évolution des sinistres est importante et les matériels et la formation des personnels ne doit cesser de prendre le dessus. De plus, toutes les dispositions doivent être prises pour avoir un maximum de sapeurs-pompiers travaillant dans un rayon de 4km autour du centre de secours (personnels communaux, facilités de logements sapeurs-pompiers). Il appartient aux collectivités de donner le bon exemple, elles en ont les moyens. C’est à ce prix que nous préserverons encore longtemps le système des sapeurs-pompiers volontaires, ils nous coûtent quand même moins cher que les professionnels.