LA VENTILATION

 

La ventilation: facteur déterminant

Premier cas: la ventilation est suffisante (porte ou fenêtre ouverte). A la fin de la phase de croissance, un phéno­ mène, que les Anglo-Saxons appellent roll-over, se produit quand des gaz im­ brûlés, donc combustibles, libérés du­ rant la phase de croissance s'accumulent au niveau du plafond. Ces gaz surchauffés sont poussés par surpression hors de la pièce où se trouve le feu, vers les pièces non encore touchées par l'incendie où ils se mélangent à l'oxygène. Quand le domaine d'inflammabilité est atteint, ils s'enflamment et une «langue» de flammes se développe, s'étendant très rapidement en roulant au niveau du plafond à l'interface fumée/air. C'est une des raisons pour lesquelles les pompiers doivent toujours rester bas lorsqu'ils avancent avec leur lance. Le roll-over diffère du flash-over en ce sens que seuls les gaz de combustion brûlent et non les objets contenus dans la pièce. Le roll-over continuera jusqu'à ce que son carburant soit éliminé. Ceci peut être fait en éteignant le foyer principal. Il cesse quand le feu lui-même arrête de produire des gaz inflammables. Le roll-over est un phénomène qui annonce l'imminence de l'étape suivante: le flash-over.

Prébackdraft: taux d'oxygène faible, température élevée, feu couvant, concentration de gaz chauds

Backdraft: l'introduction d'oxygène provoque une inflammation brutale, de type d'explosion

Roll-over: les vapeurs surchauffées s'enflamment, le front de flammes court le long du plafond

 

Le flash-over - une étape de transition rapide

Le flash-over est une étape de transition rapide entre la croissance et le plein développement du feu. Durant cette transition, tous les objets combustibles présents dans la pièce s'enflamment, ce qui provoque l'augmentation brutale de la température. On passe alors d'un feu localisé (un ou quelques objets qui brûlent) à un embrasement généralisé de tous les objets combustibles qui se trouvent dans la pièce alors que ceux-ci ne sont pas obligatoirement proches entre eux. Les mesures effectuées lors de divers essais montrent que le flash-over se produit à des températures de l'ordre de 500 ° à 600 °C dans les gaz chauds. Les articles suédois fournissent une explication plus inquiétante: «Le flash-over représente une rupture dans l'évolution du feu. D'un petit feu calme dans le coin d'une pièce, on passe à un feu qui se propage soudainement aux pièces adjacentes et à d'autres constructions.»

Deux conditions essentielles

Pour que le flash-over ait lieu, il faut deux conditions essentielles:
• le compartiment doit être suffisam ment ventilé;
• les combustibles doivent être pré sents en quantité suffisante par rapport au volume de la pièce.
Cette deuxième condition est intuitive: la combustion de quelques palettes de bois dans un immense entrepôt vide de plusieurs centaines de mètres carrés ne générera pas le phénomène puisque la quantité de chaleur émise par ce feu ne fera pas monter de façon dangereuse la température dans l'entrepôt (dans ce cas, le feu est libre). Par contre, ces mêmes palettes en feu, dans une pièce moyenne (4 m, 3 m, 2,5 m) qui contient par ailleurs d'autre combustibles, vont amener les conditions favorables au phénomène si le feu n'est pas rapidement traité (on suppose que la ventilation est suffisante).

De 500 °C à 1000 °C

Le flash-over est le passage d'un feu localisé à un feu de la totalité de la pièce. Cette transition est brutale: la température des gaz chauds dans la pièce passe de 500 ° à 1000 °C en une fraction de seconde. En pratique, juste après le flash-over, le milieu présente les caractéristiques suivantes:
• des flammes dans tout le volume de la pièce;
• des flammes qui s'échappent en partie haute des ouvertures (porte, fenêtre...).

Le déclin

Après le flash-over, le feu est pleinement développé. La vitesse de libération de chaleur par le feu est maximale: le feu est alors souvent limité par la ventilation de la pièce, ce qui entraîne un nivellement de la température des gaz chauds dans la pièce. La quantité de combustible disponible décroît, donc la chaleur est libérée moins rapidement. C'est la dernière étape de l'incendie: le déclin. Si l'on observe l'évolution en fonction du temps de la température des gaz chauds d'un incendie prenant naissance dans une pièce de taille moyenne, on obtient l'allure du graphe T = f (t) suivant (fig. 1):

 

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